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Literatur, Kulturwissenschaft, deutsch-französische Beziehungen
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Gilles Floret
La Nausée dans la poésie est-allemande entre 1980 et 1989.
Deux figures exemplaires: Hans-Eckardt Wenzel & Steffen Mensching
Thèse présentée devant le Centre de Recherches Germaniques
et Scandinaves
de l'Université de Nancy II, 1993
Directeur des recherches: Monsieur le Professeur J. M. PAUL
Introduction
A la lumière des événements qui se sont
produits en RDA entre le7 octobre 1989 et le 3 octobre 1990 qui commémore
l'achèvement de l'unité allemande sur le plan politique, c'est
avant tout un sentiment mêlé de surprise et de satisfaction
qui s'impose au témoin attentif de la vie socio-culturelle de ce
pays. En l'espace d'un an on a pu en effet assister à l'agonie, puis
à l'effondrement d'un système, d'un régime, d'une idéologie.
Cependant, on a tendance à oublier aujourd'hui que cet effondrement
des structures étatiques de la RDA a entraîné avec lui
la disparition de tout un pan de la culture allemande, de toute une génération
de peintres, de musiciens et d'écrivains, représentants d'une
identité nationale propre à la RDA. Cette coupe sombre dans
la vie culturelle allemande a engendré depuis lors un climat de fin
de siècle qui hypothèque pour les générations
à venir la réponse apportée à la question allemande.
(...) p.3
3.2 L'influence de la Nausée sartrienne
Une étude comparative de la Nausée sartrienne et de la Nausée
dans la poésie de RDA entre 1980 et 1989 ne s'impose a priori que
dans la mesure où il existe une identité lexicale entre les
deux concepts. Notre but est donc de nous assurer que ce parallélisme
dépasse le simple cadre lexical pour se prolonger dans la substance
du concept lui-même, ce qui nous permettra en même temps de
faire abstraction des problèmes de traduction. Les équivalences
lexicales sont dans ce domaine relativement floues comme nous avons pu le
constater au cours du premier chapitre de notre travail. Bornons-nous simplement
à rappeler ici que le titre allemand du roman de Sartre, Der Ekel,
insiste trop lourdement sur l'aspect somatique de la Nausée et que
le terme de Überdruß nous semble plus approprié pour traduire
cette évolution psychosomatique vers un trop-plein de douleur et
de vie. Le titre La Nausée ne fut d'ailleurs pas choisi par Sartre
lui-même, mais par Gaston Gallimard et il s'est imposé dans
le monde entier comme le véhicule par excellence du mal existentiel.
C'est donc la Nausée en tant que concept philosophico-littéraire
qui nous intéresse ici, au même titre que le spleen baudelairien
ou le Weltschmerz chez Hölderlin.
La différence entre les deux formes d'expression
que sont la prose chez Sartre et la poésie chez Wenzel et Mensching
ne saurait être un obstacle à une recherche sur les influences
de la littérature existentialiste à la fin des années
80 en RDA. C'est avant tout l'aveu, la confession qui prime aussi bien chez
Sartre que chez Wenzel et Mensching. Le journal de Roquentin d'une part
et le lyrisme de Wenzel et Mensching d'autre part, rendent parfaitement
compte de cette volonté de se confesser.
( ...) S. 120
Gilles
Floret travaille aujourd'hui dans une grande maison d'édition en
Allemagne.

Gilles Floret
est né le 26 janvier 1966 près de Clermont
Ferrand. Pour son Brevet, ses parents lui offrent sa première guitare.
Adolescent, il découvre la musique rock au sein du premier groupe
qu'il fonde au lycée.
Après des études d'allemand à Dijon (il sera même professeur d'allemand pendant quelques mois), il vit et travaille à cheval entre la France et l'Allemagne. Après son service militaire accompli à Berlin, il a fait plusieurs séjours comme professeur de français à Mayence et Halle/Saale.