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 "Après
sa première nuit vénitienne, l'animal touristique seréveille
amphibie; il constate en même temps qu'il lui a poussé
des nageoires et il retrouvé l'usage de ses pieds. Ce matin,
je marche, je vais au hasard ... suivant des calli, traversant des
ponts, débouchant sur des campi, m'égarant, tombant
dans un cul de sac, revenant sur mes pas, repassant par les mêmes
calli et les même campi sans trop m'en aviser. "
J.-P. Sartre, La Reine Albemarle ou le dernier touriste, fragments,
éd. A. Elkaïm-Sartre, Paris 1991, S. 84.
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"A
Venise, les Vénetiens sont chez eux. Et il suffit d'un ciel
un peu doux, comme ce matin, d'une lumière un peu tendre, gaie
come un sourire, pour que le touriste se sente un peu moins touriste,
presque vénetien." Sartre, op. cit., S. 86
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"Au
bout d'un certain temps, ce qui m'inquiète c'est presque moral
: à moins de monter sur le Campanile de Saint-Marc, Venise
est une ville qui se dérobe à toute vue d'ensemble.
Elle fuit, vous contraint à vous prendre dans le détail..."
Sartre, op. cit., S. 106
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"Venise
a ses propres coordonnées : la place Saint Marc, la lagune,
les Fondamenta Nuova : elle ignore les points cardinaux. Je me trompais,
tout à l'heures, en disant qu'elle fabrique ses vitesse : à
l'intérieur de Venise il n'y a pas de vitesse du tout."
Sartre, op. cit., S. 87.
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"L'humidité
dans l'air, au ciel. L'eau. Douce humidité, fraîcheur,
fond de l'air tiède. Gondole. La gondole c'est exactement un
fiacre." Sartre, op. cit.,. S. 80.
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"Les
campis ne sont parcurus par aucune ligne,droite ou courbe :
ce sont des étendues de pierre stragnante, de marécages
de pierre." Sartre, op. cit., S. 88
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"L'eau
à Venise palpite, elle se dilate et se contracte, dit-on, notre
univers. Sorti de la gondole, je reste longtemps à regarder
une crème verdâtre à la surface du rio, qui tantôt
se resserre, tantôt file doucement vers le canal de la Giudecca,
tantôt recule et tantôt s'arrête. Sartre, op. cit.,
109
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"Venise
est la ville qui protège le moins contre l'espace. Le ciel
et l'eau sont complices, ils sont trop. L'eau s'enroule sur
elle-même, le ciel a un autre genre de foisonnement, il écarte
les regards, il éblouit,distend par des épanouissements
mats de lumière." Sartre, op. cit., S. 104
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die Kunst Sartre-Gesellschaft
Bibliographie
Colloque,
GES, Paris |